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President Vertut
Né en 1978 à Bourg-en-Bresse, France
Etabli à Genève, Suisse


Choose Me - Prix du Quartier des Bains 2011 - Note d'intention du Président Vertut
CHOOSE ME
Le spectacle est la carte de ce nouveau monde, carte qui recouvre exactement le territoire.
Guy Debord

Ce n'est pas de la bienveillance du boucher, du brasseur ou du boulanger qu'il faut espérer notre diner,
mais de leur propre intérêt.
Adam Smith

CHOOSE ME, à la manière d’une affiche électorale, vous intime l’ordre de choisir cet
homme en costume, ce dirigeant au sourire d’émail. Il s’agit d’un dessin, d’une fiction qui
ne propose pas plus d’alternatives qu’elle n’explique ses enjeux.

CHOOSE ME met l’emphase sur « ME ». Fi des projets de société, maintenant c’est
MOI que je choisis. Le nouvel ordre global intime à chacun de penser à lui et de ne plus
s’occuper du reste. Everything is taken care of.

CHOOSE ME est un appel à faire du Président Vertut une nouvelle « star » de l'art
contemporain comme autant de Jeff Koons ou de Damien Hirst ; si tant est que l'art, à
l'instar de la politique ou de la chanson, soit devenu une discipline dans laquelle les
faveurs d'un public – croit-il – tout-puissant fassent loi.

CHOOSE ME est un rappel de ce que l’on ne gagne plus à être connu, mais que c’est
par la célébrité qu’on devient digne d’intérêt.



Art Contemporain, par Etienne Dumont, paru dans Tribune de Genève - Online, mars 2011, lire l'article

Une nouvelle oriflamme pour l'art à Genève, par Elisabeth Chardon, paru dans Le Temps, mars 2011, lire l'article

Prix du Quartier des Bains à Genève, paru dans Le Matin Dimanche, mars 2011, lire l'article





Let’s take a shower together

L’affaire commence par une invitation tout droit sortie des sixties : Let’s take a shower together. Happening, communauté, débridage des moeurs dans une version déceptive ultra- contemporaine, une forme de dénégation relationnelle qui sous-tend plusieurs pièces de l’exposition. Le cube vacille, le néon est caché dans un recoin obscur, les dessins sont accrochés trop haut, l’accès aux oeuvres est entravé. Si, à l’instar de Tom Burr ou Sterling Ruby, le Président Vertut revisite les canons du minimalisme et du conceptualisme, son intervention consiste à déposer un film sémantique neuf, qui recouvre délicatement les modélisations originales. Processus opérant également dans le détournement des fumetti ou des date paintings. De sa relecture caustique de quelques pièces emblématiques des années 60 et 70, il dégage un saisissant condensé de cinquante ans d’art contemporain, articulé selon un axe temporel à deux voies, où circulent en sens inverses formes et concepts, courants artistiques et critique sociale. Des croisements redoublés de forme, contenu et analyse émergent des agglomérats polysémiques qui constituent alors un ensemble fortement cohérent. Jusqu’au choix des supports, les nombreux media ici convoqués, qui reflète parfaitement les postulats théoriques à l’oeuvre. Survient alors la question centrale du travail du Président Vertut : la question de l’appropriation. Dans sa façon d’ingurgiter, littéralement si l’on pense à la vidéo The Big Roast, pour mieux regorger l’objet art contemporain, il met en boucle un processus linéaire. Le cube, Sans Titre (Le cul, c’est fini.), le néon, Subprimes, la peinture, Time is Money, la sculpture, The Swiss Reward, la vidéo même, Bankers & Mash, dans sa facture low-tech sont autant de brillantes citations à indices variables. C’est la suite de dessins, The Great Business’n’All Swindle, qui vient investir l’installation dans sa totalité et stabiliser l’inflation référentielle. Par sa trame narrative et son sens du grotesque, elle permet à l’artiste de dépasser les limites tautologiques de son propos formel et de nous entraîner à sa suite sous une douche initiatique.